Une soirée à marquer d’une pierre blanche pour la comédie d’épouvante « Widow’s Bay ». Lors de la 78e cérémonie des Emmy Awards, l’équivalent télévisuel des Oscars aux États-Unis, la série d’Apple TV a raflé pas moins de 14 trophées, pulvérisant au passage un record jusque-là détenu par une autre satire hollywoodienne à succès. Une soirée qui a également consacré « The Pitt » comme meilleure série dramatique pour la deuxième année consécutive.

Un triomphe historique pour Widow’s Bay, sacrée meilleure comédie

La cérémonie des Emmy Awards, qui s’est tenue lundi aux États-Unis, a livré un verdict sans appel : « Widow’s Bay » a dominé cette édition avec 14 récompenses au total, un chiffre qui place définitivement la série parmi les grandes réussites de l’histoire récente de la télévision américaine. Élue meilleure comédie de l’année, la série suit les aventures d’un maire de Nouvelle-Angleterre tentant tant bien que mal de relancer le tourisme sur son île, réputée hantée.

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Parmi ses 14 récompenses figurent notamment le prix du meilleur scénario, attribué à sa créatrice Katie Dippold, ainsi que celui de la meilleure réalisation, décerné à Hiro Murai. Avec ce sacre exceptionnel, la série produite par Apple TV bat le record du nombre de trophées remportés par une comédie lors d’une même cérémonie, un record précédemment détenu par la satire hollywoodienne « The Studio », qui avait obtenu 13 récompenses.

Cette razzia s’est accompagnée d’une double consécration pour Matthew Rhys, élu meilleur acteur dans une comédie pour son interprétation de l’édile fantasque au cœur de l’intrigue de « Widow’s Bay ». L’acteur écossais a d’ailleurs été récompensé une seconde fois dans la soirée, pour sa prestation dans la mini-série « The Beast in Me ». Dans son discours de remerciement, il a tenu à saluer avec humour l’esprit particulièrement inventif de la créatrice de la série, Katie Dippold, qu’il a créditée de l’intégralité du succès de ce projet si singulier.

Hacks et The Pitt, deux autres grands noms de la soirée

Si « Widow’s Bay » a volé la vedette à l’ensemble de la cérémonie, la dernière saison de « Hacks » partait pourtant largement favorite, avec pas moins de 24 nominations à son actif. La comédie de HBO Max n’est toutefois pas repartie totalement bredouille, puisqu’elle a permis à Jean Smart, 75 ans, de décrocher un cinquième Emmy de la meilleure actrice, pour son rôle de gloire vieillissante du stand-up contrainte de collaborer avec une jeune scénariste afin de relancer sa carrière. Ce nouveau sacre porte le total de récompenses de l’actrice à huit Emmys sur l’ensemble de sa carrière, lui permettant ainsi de rejoindre le cercle très fermé des interprètes les plus récompensées de l’histoire de la cérémonie, aux côtés de Julia Louis-Dreyfus, Cloris Leachman et Allison Janney.

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Du côté des séries dramatiques, « The Pitt » a quant à elle confirmé son statut de référence du genre, en remportant pour la deuxième année consécutive le prix de la meilleure série dramatique. Présentée comme un savant croisement entre « Urgences » et « 24 Heures Chrono », cette série haletante suit heure par heure une journée du service des urgences d’un hôpital de Pittsburgh, en Pennsylvanie. Noah Wyle, qui y incarne le chef du service, a lui aussi été de nouveau récompensé du prix du meilleur acteur dans une série dramatique, l’un des six trophées au total décernés à la production lors de cette soirée.

Cette double confirmation, aussi bien pour « Widow’s Bay » que pour « The Pitt », illustre la diversité des genres télévisuels aujourd’hui mis à l’honneur par l’Académie des Emmy Awards, entre comédie horrifique inattendue et drame médical haletant, deux registres pourtant très différents parvenant chacun à s’imposer dans leur catégorie respective.

Pluribus et DTF St. Louis complètent le tableau des grands vainqueurs

La soirée n’a pas été uniquement dominée par « Widow’s Bay » et « The Pitt », puisque « Pluribus », nouvelle série signée Vince Gilligan, créateur de « Breaking Bad », a également brillé lors de cette cérémonie, notamment récompensée pour son scénario résolument dystopique. Rhea Seehorn, qui y incarne une romancière misanthrope isolée au sein d’une humanité entièrement rendue béate par un virus mystérieux dont elle demeure la seule à être immunisée, a par ailleurs été élue meilleure actrice dans une série dramatique.

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Dans la catégorie des mini-séries, c’est « DTF St. Louis » qui s’est imposée comme la grande triomphatrice, remportant le prix de la meilleure mini-série grâce à sa chronique acide d’un triangle amoureux qui tourne mal. La série a d’ailleurs largement dominé cette catégorie particulière, réservée aux productions limitées à une seule saison, en décrochant au total sept récompenses, dont deux pour ses seconds rôles, incarnés par David Harbour et Linda Cardellini.

Cette diversité de séries récompensées, entre grandes chaînes câblées, plateformes de streaming et productions plus confidentielles, confirme la richesse actuelle du paysage télévisuel américain, où les frontières entre les genres continuent de s’estomper au profit d’une créativité toujours renouvelée.

Ce que l’on peut retenir de cette 78e édition des Emmy Awards

Cette cérémonie confirme une nouvelle fois la capacité de l’industrie télévisuelle américaine à se renouveler, avec le sacre inattendu d’une comédie d’épouvante comme « Widow’s Bay », loin des formats plus classiques habituellement récompensés dans cette catégorie. Ce succès pourrait par ailleurs inciter d’autres plateformes à investir davantage dans des formats hybrides, mêlant humour noir et éléments fantastiques, à l’image de la recette gagnante adoptée par la série d’Apple TV.

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Il faudra également suivre l’évolution de la carrière de Matthew Rhys après cette double consécration, ainsi que la manière dont « The Pitt » parviendra à maintenir son niveau d’exigence pour une éventuelle nouvelle saison, après deux années consécutives de sacre dans la catégorie reine des séries dramatiques.

Entre records historiques, consécrations méritées et découvertes surprenantes, cette 78e édition des Emmy Awards restera assurément comme l’une des plus marquantes de ces dernières années, portée par la diversité toujours plus grande des productions télévisuelles américaines actuelles.

Ce qu’il faut retenir :

  • « Widow’s Bay » a remporté 14 Emmy Awards, dont celui de la meilleure comédie, un record pour cette catégorie.
  • Matthew Rhys a été doublement récompensé, comme meilleur acteur dans une comédie pour « Widow’s Bay » et meilleur acteur dans une mini-série pour « The Beast in Me ».
  • « The Pitt » a remporté le prix de la meilleure série dramatique pour la deuxième année consécutive, avec Noah Wyle également récompensé.
  • Jean Smart a décroché son cinquième Emmy pour « Hacks », portant son total à huit trophées en carrière.
  • « Pluribus » (Rhea Seehorn) et « DTF St. Louis » (sept récompenses, dont David Harbour et Linda Cardellini) complètent le palmarès de cette édition.

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