Quelques phrases ont suffi à déclencher une vive polémique. Alors qu’il évoquait sa propre histoire avec la cocaïne, Matthieu Delormeau a affirmé que des internes travaillant dans les hôpitaux parisiens consommeraient parfois de la drogue parce qu’ils s’ennuieraient lorsque leur service n’est pas suffisamment mouvementé. Des déclarations généralisantes qui ont rapidement provoqué la colère de professionnels de santé. Parmi eux, la médecin urgentiste Julieta Quesada a publié une réponse particulièrement ferme, rappelant la charge de travail considérable des internes et les difficultés psychologiques auxquelles certains sont confrontés. Une polémique d’autant plus sensible que l’ancien chroniqueur médiatise actuellement son propre parcours d’addiction à la cocaïne et au GHB.
Des déclarations sur les internes qui déclenchent la polémique
Matthieu Delormeau s’exprime depuis plusieurs mois ouvertement sur son passé d’addiction. Au cours d’un récent entretien, l’ancien chroniqueur de Touche pas à mon poste a cependant élargi son propos au personnel médical.
Il a affirmé que, dans certains hôpitaux parisiens, des internes pourraient consommer de la cocaïne lorsqu’ils s’ennuient, estimant que certains services ne seraient pas toujours confrontés à des situations spectaculaires.
Ses déclarations ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux. Le problème soulevé par de nombreux professionnels de santé ne réside pas dans le fait de reconnaître que les addictions peuvent toucher des médecins, comme elles peuvent concerner toutes les catégories professionnelles.
C’est la généralisation concernant les internes et l’idée selon laquelle cette consommation serait liée à leur supposé ennui qui ont suscité une réaction particulièrement forte.
Aucune donnée permettant d’établir que les internes des hôpitaux parisiens consommeraient « très souvent » de la cocaïne parce qu’ils s’ennuient n’accompagne les déclarations de Matthieu Delormeau.
Une médecin urgentiste démonte publiquement cette représentation
Julieta Quesada, médecin urgentiste active sur les réseaux sociaux, a décidé de répondre publiquement à l’ancien chroniqueur.
Elle conteste frontalement l’image d’internes désœuvrés dans des services hospitaliers parisiens.
La praticienne rappelle au contraire les longues semaines de travail, les journées et nuits de garde, les sutures, les prescriptions, les réanimations et la confrontation régulière à la souffrance ou à la mort.
Selon les chiffres qu’elle cite, les internes travailleraient en moyenne 59 heures par semaine, avec des volumes pouvant atteindre 75 heures dans certaines spécialités chirurgicales.
Pour l’urgentiste, présenter ces jeunes médecins comme des professionnels susceptibles de consommer de la cocaïne simplement parce qu’ils s’ennuieraient revient à caricaturer une profession déjà soumise à une pression considérable.
Elle reconnaît naturellement que des addictions existent chez les professionnels de santé, comme dans le reste de la population.
Mais elle refuse le passage d’une réalité individuelle possible à une affirmation généralisante concernant les internes.
Le burn-out des jeunes médecins replacé au centre du débat
La réaction de Julieta Quesada déplace surtout la discussion vers une problématique documentée : la santé mentale des étudiants et jeunes professionnels de santé.
L’urgentiste cite notamment une enquête faisant état de 66 % de burn-out chez les externes et internes.
Au-delà du chiffre précis, les conditions de travail et la fatigue des internes font depuis longtemps l’objet de débats au sein du système hospitalier français.
Les gardes, l’enchaînement de longues journées, la responsabilité médicale et la confrontation avec des situations humaines difficiles peuvent entraîner une forte pression.
C’est pourquoi les déclarations de Matthieu Delormeau ont été perçues comme particulièrement maladroites par ses détracteurs.
La polémique montre également la difficulté à parler des addictions sans alimenter les stéréotypes.
Reconnaître qu’un médecin peut souffrir d’une dépendance ne signifie pas qu’une profession entière peut être associée à une consommation de stupéfiants.
Julieta Quesada insiste précisément sur cette distinction : des personnes souffrant d’addiction existent dans tous les métiers, mais cela ne permet pas de présenter cette situation comme un comportement courant d’une catégorie professionnelle.
Le passé de Matthieu Delormeau donne une résonance particulière à ses propos
La controverse intervient alors que Matthieu Delormeau parle beaucoup de son propre rapport aux drogues.
Dans son livre Addictions – Il a suffi d’une fois…, publié en avril 2026, l’ancien animateur raconte plusieurs années de dépendance à la cocaïne, au GHB et à certains médicaments.
Il a expliqué publiquement avoir atteint une consommation quotidienne extrêmement importante de cocaïne au plus fort de cette période.
Matthieu Delormeau raconte également que sa première expérience avec la cocaïne et le GHB s’est déroulée lors d’une rencontre avec deux hommes se présentant comme professionnels de santé, l’un urgentiste et l’autre anesthésiste.
Ce récit personnel semble éclairer l’origine de certaines associations qu’il fait aujourd’hui entre drogues et milieu médical.
Mais une expérience individuelle, aussi traumatisante soit-elle, ne permet évidemment pas d’en tirer une conclusion générale sur l’ensemble des internes.
C’est précisément le reproche formulé par les professionnels qui ont réagi.
La prise de parole de Matthieu Delormeau sur son addiction avait jusqu’ici notamment permis d’attirer l’attention sur les mécanismes de dépendance et les conséquences qu’ils peuvent avoir sur la vie sociale, professionnelle et personnelle.
Cette nouvelle polémique illustre cependant les risques d’un témoignage lorsqu’il quitte le terrain de l’expérience personnelle pour produire des affirmations beaucoup plus générales.
Le débat dépasse donc rapidement la personnalité de l’ancien chroniqueur.
Il pose une question essentielle : comment parler publiquement des addictions sans stigmatiser une profession ou transformer quelques expériences individuelles en règle collective ?
Sur ce point, la réponse de Julieta Quesada est sans ambiguïté. Les internes peuvent, comme n’importe qui, être touchés par une addiction. Mais les présenter comme consommant de la cocaïne par ennui constitue, selon elle, une représentation injuste d’une génération de soignants déjà soumise à une forte pression.
Ce qu’il faut retenir
- Matthieu Delormeau a tenu des propos controversés concernant les internes.
- Il a affirmé que certains consommeraient de la cocaïne dans des hôpitaux parisiens.
- Il a notamment associé cette consommation à un supposé ennui.
- Ses déclarations ont suscité de nombreuses réactions.
- La médecin urgentiste Julieta Quesada lui a publiquement répondu.
- Elle rappelle la charge de travail importante des internes.
- Elle souligne également les problèmes de burn-out chez les jeunes médecins.
- Les addictions peuvent toucher des professionnels de santé comme n’importe quelle autre population.
- Rien ne permet cependant de généraliser la consommation de cocaïne aux internes des hôpitaux parisiens.
- Matthieu Delormeau médiatise actuellement son propre passé de dépendance.






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