La France pourrait-elle accueillir à nouveau la Coupe du monde de football en 2038, quarante ans après le sacre historique des Bleus à domicile ? L’hypothèse commence à prendre forme à travers les travaux de l’association Territoires d’événements sportifs, qui rassemble plus de 25 collectivités territoriales et souhaite convaincre les pouvoirs publics d’envisager une candidature française. Alors que les pays hôtes des éditions 2030 et 2034 sont déjà connus, l’identité de l’organisateur du Mondial 2038 reste encore à déterminer. Dans ce contexte, l’Hexagone estime disposer de nombreux atouts pour se positionner, même si le chemin vers une candidature officielle demeure encore long.
Une ambition française pour le Mondial 2038
Quarante ans après avoir organisé la Coupe du monde 1998, la France pourrait envisager de renouer avec le plus prestigieux rendez-vous du football mondial. L’idée est portée par Territoires d’événements sportifs, une association qui réunit plus de 25 collectivités territoriales et qui entend défendre la capacité de l’Hexagone à accueillir de nouveau une compétition internationale de cette ampleur.
L’association souhaite remettre un rapport à Marina Ferrari, ministre des Sports, afin de l’inciter à soutenir la réflexion autour d’une éventuelle candidature. À ce stade, il ne s’agit donc pas encore d’une candidature officiellement déposée auprès de la FIFA, mais d’une démarche destinée à faire émerger un projet et à encourager l’État à étudier sérieusement cette possibilité.
Le calendrier international laisse en tout cas une fenêtre ouverte. La Coupe du monde 2030 doit être organisée par l’Espagne, le Maroc et le Portugal, avec également des rencontres prévues en Argentine, au Paraguay et en Uruguay dans le cadre des célébrations du centenaire de la compétition. L’Arabie saoudite doit ensuite accueillir l’édition 2034. Pour 2038, aucune attribution n’a encore été annoncée.
Cette échéance laisse donc plusieurs années aux éventuels candidats pour construire leur projet. Pour la France, l’enjeu consisterait notamment à démontrer que le pays possède les infrastructures, les équipements et la capacité organisationnelle nécessaires pour répondre aux exigences croissantes de la FIFA.
La France veut capitaliser sur son expérience des grands événements
L’un des principaux arguments avancés par Territoires d’événements sportifs repose sur l’expérience accumulée par la France dans l’organisation de grandes compétitions internationales. L’Euro 2016, les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, ainsi que les futurs Jeux olympiques d’hiver, ont permis à l’Hexagone de renforcer son savoir-faire en matière d’accueil de manifestations sportives mondiales.
Selon l’association, la France présenterait aujourd’hui un avantage particulier dans un contexte marqué à la fois par l’augmentation du nombre de compétitions internationales et par des exigences de plus en plus importantes concernant leur organisation. La multiplication des événements, l’évolution de leurs formats et les contraintes logistiques rendent en effet nécessaire la mobilisation de moyens considérables.
L’association estime ainsi que la France figure parmi les rares nations capables d’organiser seule un événement sportif de cette dimension. Cette capacité reposerait notamment sur un réseau d’infrastructures existantes, une expérience récente en matière d’événements internationaux et un maillage territorial permettant d’envisager une organisation répartie entre plusieurs villes.
L’accueil d’un Mondial pourrait également être présenté comme une occasion de moderniser certains équipements sportifs. Territoires d’événements sportifs considère qu’une telle compétition pourrait contribuer à la rénovation du parc national des grands stades et permettre de répondre à de nouvelles exigences sociales et environnementales.
L’argument dépasse donc le simple cadre sportif. Une candidature française pourrait être défendue comme un projet d’aménagement et de modernisation, avec l’objectif de laisser un héritage durable après la compétition.
Une candidature qui se jouerait aussi sur le terrain politique
La perspective d’une candidature française ne dépendrait toutefois pas uniquement des infrastructures disponibles. La capacité à construire des relations solides avec les instances internationales du football pourrait également jouer un rôle déterminant.
Dans ce contexte, la position de Philippe Diallo, président de la Fédération française de football, est particulièrement observée. Selon les informations rapportées par L’Équipe, le dirigeant français devrait apporter son soutien à Gianni Infantino lors de l’élection à la présidence de la FIFA prévue en mars 2027, alors que le Suisse viserait un troisième mandat consécutif.
Ce soutien serait davantage motivé par une logique pragmatique que par une proximité personnelle ou politique. Philippe Diallo a, par le passé, pu exprimer des critiques à l’égard de Gianni Infantino. Mais la France ayant potentiellement intérêt à préserver ses relations avec la direction de la FIFA dans la perspective d’une candidature au Mondial 2038, ce choix pourrait s’inscrire dans une stratégie de long terme.
Il convient toutefois de souligner que l’organisation de la Coupe du monde 2038 n’est pas encore attribuée et qu’aucune candidature française officielle n’est annoncée à ce stade. Le calendrier politique et institutionnel pourrait donc encore évoluer considérablement avant que le processus de sélection ne soit véritablement engagé.
La France regarde déjà au-delà de la Coupe du monde
L’ambition française dans le domaine des grands événements sportifs ne se limiterait pas au Mondial 2038. Territoires d’événements sportifs évoque également d’autres compétitions susceptibles d’être accueillies dans les prochaines années.
Parmi les objectifs mentionnés figurent notamment une candidature pour l’Euro 2036, l’Euro féminin 2033 ainsi que la Coupe du monde des clubs en 2033 ou en 2037. Ces perspectives traduisent une volonté plus large de positionner durablement la France parmi les principales terres d’accueil du sport international.
Cette stratégie pourrait permettre au pays de maintenir son expertise organisationnelle et de valoriser ses infrastructures. Elle soulève également la question de la succession des grands événements. Après les Jeux de Paris 2024 et les futures échéances olympiques, la France pourrait chercher à construire une nouvelle génération de projets sportifs internationaux.
Dans cette perspective, le Mondial 2038 représenterait l’objectif le plus prestigieux. Une Coupe du monde organisée en France quarante ans après l’édition de 1998 aurait également une forte portée symbolique, même si les enjeux économiques, environnementaux et logistiques seraient considérables.
Vers un nouveau Mondial en France ?
Pour l’heure, le projet reste donc au stade de la réflexion et de la préparation. La prochaine étape consistera à déterminer si les pouvoirs publics souhaitent réellement engager le pays sur la voie d’une candidature. Le rapport porté par Territoires d’événements sportifs pourrait constituer une première contribution à ce débat.
Si la France décidait finalement de se lancer, elle devrait ensuite élaborer un dossier répondant aux critères de la FIFA et convaincre les instances internationales de la pertinence de son projet. La concurrence pourrait être importante, et plusieurs années seraient nécessaires pour préparer une candidature solide.
La question du financement, de la rénovation des stades, de la mobilité des supporters et de l’impact environnemental serait également centrale. L’expérience des Jeux de Paris 2024 pourrait néanmoins servir de référence pour démontrer la capacité française à organiser un événement mondial de grande ampleur.
À ce stade, une seule certitude demeure : la France dispose d’une longue expérience dans l’accueil des grandes compétitions et commence à réfléchir à la prochaine étape de son histoire sportive. Si le projet aboutissait, le Mondial 2038 pourrait offrir aux Bleus et à leurs supporters un nouveau rendez-vous à domicile, exactement quarante ans après la victoire de 1998.
Le chemin est cependant encore long. Entre l’idée, la constitution d’un dossier, une éventuelle candidature officielle et l’attribution de la compétition, plusieurs étapes devront être franchies. La perspective est donc réelle comme hypothèse de travail, mais elle ne constitue pas encore une décision définitive.
Ce qu’il faut retenir :
- La France pourrait envisager une candidature pour organiser la Coupe du monde 2038.
- Territoires d’événements sportifs, qui réunit plus de 25 collectivités, porte cette réflexion.
- L’association souhaite remettre un rapport à la ministre des Sports Marina Ferrari.
- Aucune candidature française officielle pour 2038 n’est annoncée à ce stade.
- L’Espagne, le Maroc et le Portugal accueilleront le Mondial 2030, tandis que l’Arabie saoudite organisera l’édition 2034.
- La France met en avant son expérience de l’Euro 2016 et des Jeux de Paris 2024.
- L’association estime qu’un Mondial pourrait contribuer à moderniser le parc français de grands stades.
- Philippe Diallo pourrait soutenir Gianni Infantino lors de l’élection à la présidence de la FIFA en 2027, selon les informations rapportées par L’Équipe.
- Cette position est présentée comme pouvant relever d’une logique pragmatique liée notamment aux intérêts français.
- La France pourrait également viser d’autres compétitions internationales, dont l’Euro 2036 et l’Euro féminin 2033.
- L’organisation du Mondial 2038 reste encore à attribuer.







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