Angèle face au fisc français : une bataille fiscale sous haute surveillance
Angèle confrontée au fisc français : la justice valide des saisies à son domicile parisien dans le cadre d’une enquête sur sa résidence fiscale.
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Angèle confrontée au fisc français : la justice valide des saisies à son domicile parisien dans le cadre d’une enquête sur sa résidence fiscale.
Alors qu’elle annonçait récemment son retour sur le devant de la scène musicale, la chanteuse belge Angèle se retrouve confrontée à un contentieux sensible avec l’administration fiscale française. Soupçonnée d’être résidente fiscale en France, l’artiste n’est pas parvenue à faire annuler des saisies réalisées à son domicile parisien, la justice ayant validé la procédure à ce stade de l’enquête.

L’affaire trouve son origine dans une enquête de l’administration fiscale française visant à déterminer la résidence fiscale réelle de Angèle. Selon des révélations du média L’Informé, certains propos tenus par l’artiste en 2023 auraient attiré l’attention des autorités. Elle y indiquait notamment passer « la moitié de l’année » à Paris, une affirmation susceptible de remettre en question sa domiciliation fiscale en Belgique.
Dans ce contexte, des agents de l’administration ont procédé, le 19 mars dernier, à une visite domiciliaire dans l’appartement parisien de la chanteuse, situé dans le 18ᵉ arrondissement de Paris. Cette opération s’est accompagnée de la saisie de plusieurs documents jugés utiles à l’enquête. La mesure, encadrée juridiquement, visait à recueillir des éléments permettant d’apprécier la réalité de la présence et des activités de l’artiste sur le territoire français.
Estimant la procédure injustifiée, Angèle a tenté de faire annuler ces saisies devant la justice. Par la voix de son avocat, elle affirme que sa résidence fiscale se situe en Belgique, pays dans lequel elle déclare et acquitte ses impôts. Selon la défense, la chanteuse serait victime d’un conflit d’interprétation entre deux administrations fiscales, française et belge, chacune évaluant différemment ses attaches personnelles, sociales et économiques.
La justice française n’a toutefois pas suivi cette argumentation à ce stade. Les magistrats ont considéré que les éléments réunis par l’administration constituaient des indices suffisamment sérieux pour justifier la poursuite des investigations. Il est important de souligner que cette décision ne tranche pas définitivement la question de la résidence fiscale de l’artiste, mais se limite à confirmer la régularité juridique des saisies effectuées lors de la perquisition.
Parmi les arguments avancés par l’administration figure la structure de l’activité professionnelle d’Angèle. Bien que sa société soit enregistrée en Belgique, celle-ci collaborerait principalement avec des entités françaises, notamment sa maison de disques et son producteur de tournée. Ces relations économiques régulières avec la France constituent, aux yeux du fisc, un indice susceptible de caractériser une implantation professionnelle significative sur le territoire.
Autre point scruté par les enquêteurs : l’utilisation jugée fréquente de son appartement parisien. L’administration fiscale estime que la régularité de cette occupation pourrait traduire une installation plus durable qu’un simple pied-à-terre professionnel. Ce critère, souvent déterminant dans les litiges de résidence fiscale, alimente les soupçons sans pour autant suffire, à lui seul, à établir une domiciliation définitive.
Si la justice a validé la procédure de saisie, certaines données personnelles collectées lors de la perquisition ont néanmoins été écartées du dossier. Cette décision vise à garantir le respect de la vie privée de l’artiste et à limiter l’exploitation des éléments strictement nécessaires à l’enquête fiscale. Le travail d’analyse se concentre désormais sur les documents jugés pertinents sur le plan économique et administratif.
De son côté, Angèle conteste fermement les interprétations de l’administration française et affirme coopérer pleinement avec les autorités. L’enquête se poursuit désormais sur le fond, sans préjuger de son issue. À ce stade, aucune sanction n’a été prononcée et la question centrale de la résidence fiscale reste juridiquement ouverte, laissant planer une incertitude notable autour de ce dossier sensible.
Cette affaire illustre la complexité croissante des litiges fiscaux impliquant des artistes à la carrière internationale, partagés entre plusieurs pays. Pour Angèle, la procédure en cours intervient à un moment délicat, alors même que son retour artistique suscite une forte attente. L’issue de l’enquête dira si cette controverse restera un simple épisode administratif ou si elle débouchera sur un contentieux fiscal de plus grande ampleur.
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