Une fusion annoncée, déjà fragilisée

Un accord avec Netflix présenté comme prioritaire

À l’issue de longues négociations, Warner Bros. Discovery avait officialisé son intention de conclure un accord avec Netflix, prévoyant la cession de ses principaux actifs cinéma et télévision. L’offre révisée du géant du streaming, intégralement en numéraire, valorise chaque action Warner à 27,75 dollars, une proposition revue à la hausse par rapport à une version initiale mêlant cash et actions. Le groupe affirmait alors rester pleinement engagé dans cette opération, présentée comme la voie la plus lisible pour ses actionnaires.

Publicités

Des actionnaires de plus en plus attentifs aux alternatives

Cependant, malgré cette communication rassurante, plusieurs investisseurs ont exprimé leur volonté de voir le conseil d’administration examiner l’ensemble des options disponibles. Dans un contexte de recomposition accélérée de l’industrie audiovisuelle mondiale, l’enjeu dépasse la simple logique financière : il s’agit aussi de définir l’architecture future d’un acteur historique du divertissement. C’est dans ce climat que l’offre concurrente de Paramount a regagné en crédibilité.


Paramount revient dans la course

Une offre financière nettement renforcée

Déjà auteur de propositions non sollicitées par le passé, Paramount est revenu à la charge avec une offre initiale de 30 dollars par action, supérieure à celle de Netflix. Selon les informations relayées par plusieurs médias spécialisés, le groupe dirigé par David Ellison a ensuite fait savoir, de manière verbale, qu’il serait prêt à porter cette valorisation à 31 dollars par action, voire davantage, si des discussions formelles étaient engagées. Une déclaration qui a suffi à capter l’attention du conseil de Warner.

Publicités

Des concessions difficiles à ignorer

Au-delà du prix par action, Paramount a ajouté un mécanisme financier particulièrement incitatif : un « ticking fee » de 0,25 dollar par action et par trimestre, représentant environ 650 millions de dollars en valeur numéraire à chaque échéance au-delà du 31 décembre 2026. À cela s’ajoute l’engagement de couvrir les 2,8 milliards de dollars d’indemnités de rupture que Warner devrait verser à Netflix si la fusion n’aboutissait pas. Une escalade financière révélatrice de la détermination de Paramount à conclure.


Une stratégie de négociation à plusieurs niveaux

Warner joue la carte de la concurrence

Dans une lettre adressée à Paramount et rendue publique, le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery précise avoir obtenu de Netflix une dérogation temporaire à certaines clauses de l’accord en cours. Cette fenêtre, ouverte jusqu’au 23 février, permet à Warner d’évaluer plus précisément la proposition de Paramount Skydance, sans pour autant remettre officiellement en cause la fusion avec Netflix. Le conseil insiste toutefois sur le fait qu’aucune décision n’a encore été prise quant à la supériorité de l’offre concurrente.

Publicités

Vers une possible surenchère

Selon Variety, cette démarche pourrait viser un objectif clair : obtenir de Paramount sa meilleure et dernière proposition, afin de donner aux actionnaires une vision complète des scénarios possibles. Ce processus offrirait également à Warner un levier supplémentaire pour pousser Netflix à revoir ses conditions si l’offre de Paramount était jugée plus attractive. Dans cette configuration, le groupe semble orchestrer une mise en concurrence assumée entre deux géants du secteur.


Deux visions industrielles opposées

Une acquisition ciblée côté Netflix

L’un des points structurants du débat réside dans la nature même des offres. Netflix se concentrerait essentiellement sur les actifs premium de Warner, à savoir Warner Bros. Pictures et HBO, incluant la plateforme HBO Max. Une approche ciblée, perçue par certains analystes comme moins disruptive, tant sur le plan opérationnel que réglementaire.

Publicités

L’ambition globale de Paramount

À l’inverse, Paramount affiche une vision beaucoup plus intégrée, visant l’acquisition de l’ensemble du groupe Warner Bros. Discovery. Cela inclurait non seulement le cinéma et les séries, mais aussi les chaînes câblées et marques historiques telles que CNN, TNT, Discovery, HGTV ou Food Network. Une telle opération représenterait l’une des plus vastes concentrations médiatiques jamais envisagées à Hollywood.


Un feuilleton loin d’être terminé

Si Warner Bros. Discovery continue officiellement de recommander la fusion avec Netflix, la réouverture des discussions avec Paramount marque un tournant stratégique majeur. Entre pressions actionnariales, enjeux industriels et surenchères financières, le dossier illustre la complexité des grandes manœuvres de consolidation dans le secteur des médias. Une certitude demeure : tant que les accords ne sont pas définitivement signés, rien n’est figé dans le paysage hollywoodien.


En savoir plus sur ActuaNews.fr

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.