Un festival au cœur des mutations du monde

Une édition marquée par un recentrage créatif

La sélection 2026 de Séries Mania s’inscrit dans un contexte de contraction du secteur audiovisuel, marqué par des formats plus courts et des saisons resserrées. Loin d’appauvrir la création, cette évolution semble favoriser des récits plus concentrés, plus incisifs, qui privilégient la précision narrative à l’ampleur spectaculaire. Les séries sélectionnées témoignent ainsi d’une volonté affirmée de capter les tensions du monde contemporain avec une acuité renouvelée.

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L’Europe, moteur de la création sérielle

Cette édition confirme la place centrale de l’Europe dans l’écosystème mondial des séries. Des pays comme le Royaume-Uni, la Belgique, les pays nordiques ou encore la Pologne — représentée pour la première fois par deux œuvres en sélection officielle — illustrent une circulation accrue des récits et des talents. Les coproductions transfrontalières et l’investissement croissant des plateformes internationales dans des créations locales offrent aux auteurs des moyens renforcés pour raconter des histoires profondément enracinées dans leurs territoires.


Des séries en prise directe avec les fractures politiques et sociales

La montée des régimes autoritaires au cœur des récits

La programmation 2026 se distingue par une forte présence de séries interrogeant les dérives autoritaires et les tentations fascisantes. Qu’elles s’appuient sur des relectures historiques ou sur des récits d’anticipation, ces œuvres questionnent les mécanismes de domination, de soumission et de résistance. Des séries comme Breendonk, Anatomie d’un instant ou Etty établissent des ponts troublants entre passé et présent, invitant le spectateur à une réflexion lucide sur l’état des démocraties.

L’anticipation comme outil de vigilance

Certaines fictions choisissent la voie de l’anticipation pour mieux éclairer le présent. The Best Immigrant met ainsi en scène un gouvernement organisant la déportation d’étrangers, dans un récit qui fait écho aux inquiétudes géopolitiques actuelles. Ces propositions prolongent la tradition de séries engagées et rappellent que la fiction demeure un espace privilégié pour interroger nos choix collectifs et individuels face à la montée des extrémismes.


Identités, genres et résistances intimes

Masculinités fragilisées et récits de transformation

Au-delà des enjeux politiques, de nombreuses séries explorent les crises identitaires masculines contemporaines. De Dear Killer Nannies à The Audacity, les récits mettent en lumière des figures d’hommes confrontés à l’héritage de la violence, à l’effondrement de leurs certitudes ou à la nécessité de se réinventer. Ces trajectoires individuelles traduisent une interrogation plus large sur les modèles de virilité et leurs limites dans un monde en mutation.

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Des héroïnes au premier plan

Les récits portés par des personnages féminins occupent une place majeure dans la sélection. Qu’il s’agisse de dénoncer les violences sexuelles (Dustfall), d’aborder la pression sociale liée à la maternité (Babies) ou de traiter des troubles du comportement alimentaire (Grandiose), ces séries donnent voix à des expériences longtemps marginalisées. La force du collectif, la sororité et la résistance individuelle irriguent ces œuvres, confirmant la vitalité des écritures féminines dans le paysage sériel actuel.


Échappées, humour et expériences immersives

L’humour et le genre comme respirations nécessaires

Si la gravité traverse une grande partie de la programmation, Séries Mania 2026 ménage également des espaces de respiration par le biais de l’humour et des genres. Western burlesque, science-fiction japonaise ou comédies décalées venues de Corée ou d’Allemagne offrent des contrepoints ludiques et inventifs. Ces propositions rappellent que le rire et l’absurde constituent aussi des outils puissants pour questionner le réel sans l’édulcorer.

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Un festival pensé comme une expérience globale

Au-delà des projections, Séries Mania affirme son identité de festival immersif. Le Village Festival, les masterclasses, les conférences, les séances cultes et les dispositifs innovants comme le Studio SNCF Voyageurs transforment Lille en véritable terrain de jeu pour les sériephiles. L’exposition immersive « Même pas peur ! », consacrée aux figures du mal dans les séries, illustre cette volonté de proposer une expérience sensorielle et réflexive, accessible à tous les publics.



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