Jean-Marc Morandini maintenu à l’antenne malgré sa condamnation définitive
Condamné définitivement pour corruption de mineurs, Jean-Marc Morandini reste à l’antenne de CNews. Retour sur une décision judiciaire et un choix médiatique controversé.
ActuaNews.fr
L'info Autrement
Condamné définitivement pour corruption de mineurs, Jean-Marc Morandini reste à l’antenne de CNews. Retour sur une décision judiciaire et un choix médiatique controversé.
Condamné définitivement pour corruption de mineurs par la Cour de cassation, Jean-Marc Morandini continue pourtant d’animer son émission sur CNews. Un choix assumé par la chaîne d’information, qui suscite de nombreuses interrogations sur le plan éthique, médiatique et symbolique.

Ce mercredi, la Cour de cassation a rendu une décision qui clôt définitivement le volet judiciaire de l’affaire Jean-Marc Morandini. La plus haute juridiction française a rejeté le pourvoi formé par l’animateur, confirmant ainsi l’arrêt de la cour d’appel de Paris. Cette décision rend irrévocable sa condamnation pour corruption de mineurs, prononcée après plusieurs années de procédure.
La condamnation prévoit deux ans de prison avec sursis, une amende de 20 000 euros, ainsi qu’une interdiction d’exercer toute activité professionnelle en contact avec des mineurs. Jean-Marc Morandini a également été inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Ces sanctions viennent rappeler la gravité des faits retenus par la justice à son encontre, désormais établis sans possibilité de recours interne.
L’animateur, âgé de 60 ans, a été reconnu coupable d’avoir adressé des messages à caractère sexuel à des adolescents. Les éléments versés au dossier ont mis en lumière des échanges explicites, visant des mineurs, dans un contexte jugé particulièrement préoccupant par les magistrats. Ces faits constituent le socle de la condamnation définitivement validée par la justice.
Il a également été reproché à Jean-Marc Morandini d’avoir demandé à un garçon de 16 ans de se dénuder et de se masturber dans le cadre d’une audition. Cet épisode, largement évoqué lors de la procédure, a contribué à la qualification pénale retenue. La justice a estimé que ces agissements caractérisaient sans ambiguïté l’infraction de corruption de mineurs.
Malgré cette condamnation définitive, Jean-Marc Morandini a présenté son émission « Morandini Live » sur CNews, ce jeudi matin, comme si de rien n’était. À l’antenne, aucune allusion n’a été faite à la décision judiciaire intervenue la veille. Le journaliste Pascal Praud lui a même passé l’antenne sans évoquer l’affaire, donnant le sentiment d’une continuité éditoriale assumée.
CNews n’a pas attendu la diffusion de l’émission pour clarifier sa position. Dans une déclaration transmise à l’AFP peu après la décision de la Cour de cassation, la chaîne a indiqué que Jean-Marc Morandini « continue son combat pour la justice » et qu’il reste à l’antenne. Cette déclaration fait référence à la volonté de l’animateur de saisir la Cour européenne des droits de l’Homme.

Lors de l’éclatement de l’affaire en 2016, iTélé – devenue depuis CNews – avait maintenu l’arrivée de Jean-Marc Morandini à l’antenne au nom du principe de la présomption d’innocence. La chaîne avait toutefois précisé dans un communiqué qu’en cas de condamnation, l’animateur quitterait le groupe sans indemnité. Cette déclaration engageait alors clairement la responsabilité morale de l’employeur.
Depuis, iTélé est devenue CNews, et la position de la chaîne a évolué. En dépit d’une condamnation désormais définitive, l’animateur est maintenu à l’antenne. Ce choix marque une rupture nette avec les engagements formulés à l’époque et pose la question de la cohérence entre discours institutionnel, responsabilité éditoriale et décisions actuelles.
Le maintien de Jean-Marc Morandini à l’antenne de CNews, malgré une condamnation définitive pour corruption de mineurs, soulève de nombreuses interrogations. Entre respect des décisions judiciaires, responsabilité médiatique et image de la chaîne, ce choix continue de susciter débats et réactions. Il illustre, une nouvelle fois, les tensions persistantes entre justice, médias et éthique dans le paysage audiovisuel français.
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