SPORSORA alerte sur le piratage des programmes sportifs, qui menace l’économie du sport français, et appelle à une action législative rapide en France et au niveau européen.
Face à la multiplication des pratiques de piratage dans le sport, SPORSORA alerte sur les risques économiques et sociaux pour la filière française. L’organisation appelle à une intervention législative rapide et coordonnée, en France et au niveau européen, afin de protéger les droits audiovisuels et la valeur des retransmissions sportives.
Un enjeu économique majeur pour le sport français
Des pertes colossales pour la filière
Le piratage des programmes sportifs n’est plus un phénomène marginal : il est devenu un mode de consommation organisé, soutenu par des technologies industrialisées telles que le streaming illégal et l’IPTV. Selon SPORSORA, le manque à gagner pour le sport français atteint 290 millions d’euros par an, à quoi s’ajoutent 420 millions d’euros de pertes fiscales et sociales. Plus d’un quart des internautes déclarent avoir déjà consommé des contenus sportifs illicitement, soit plus de 13 millions de personnes. Les audiences de la Ligue 1 McDonald’s révèlent que près d’un téléspectateur sur trois a eu recours à des services illégaux pendant la saison 2024/2025.
Un risque social et sécuritaire
Au-delà de l’impact économique, le piratage représente un enjeu de sécurité publique et de justice fiscale. Il alimente une économie souterraine souvent liée à des réseaux criminels et fragilise un secteur essentiel au financement de l’emploi, de la formation, du sport amateur et de la performance internationale. Xavier Spender, délégué général de l’APPS, souligne que cette situation constitue une menace « existentielle » pour les filières sportives et audiovisuelles, mais aussi pour la sécurité publique en France.
La nécessité d’un cadre juridique modernisé
Des dispositifs encore insuffisants
La loi du 25 octobre 2021 a apporté des avancées, mais elle ne répond plus à la rapidité et à la résilience des réseaux illégaux. Face à cette réalité, SPORSORA plaide pour un renforcement législatif à travers la proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel. Ce texte, adopté par le Sénat en juin dernier, propose trois leviers majeurs : le blocage automatisé et en direct des contenus, le partage des listes de sites piratés entre signataires d’accords volontaires et la pénalisation spécifique du piratage des compétitions sportives.
L’urgence d’une inscription parlementaire
Selon Aurélie Dyèvre, directrice générale de SPORSORA, l’examen rapide de ce texte à l’Assemblée nationale est indispensable. « Le piratage coûte 290 millions d’euros au sport français. Protéger et sécuriser ces droits est crucial pour la pérennité du modèle économique », rappelle-t-elle. À défaut d’une intervention législative rapide, le marché des droits audiovisuels et la stabilité financière des acteurs sportifs seraient durablement fragilisés.
Une dimension internationale et européenne
S’inspirer des dispositifs étrangers
SPORSORA met en avant les pratiques du Royaume-Uni, où la Premier League dispose d’ordonnances de blocage à durée limitée et transmet directement aux fournisseurs d’accès internet les listes de sites contrefaisants sous le contrôle d’un juge. Cette approche garantit une intervention rapide, essentielle dans le contexte du sport « live » où la valeur des retransmissions dépend de leur immédiateté.
Un appel à la mobilisation européenne
Mathieu Moreuil, directeur des relations internationales de la Premier League, insiste sur la nécessité d’un cadre harmonisé en Europe. Il souhaite que la Commission européenne propose en 2026 un dispositif obligeant les intermédiaires à retirer les contenus non autorisés dans un délai maximum de 30 minutes après notification. Une telle mesure pourrait constituer un tournant dans la lutte contre le piratage et protéger durablement la valeur des droits sportifs.
SPORSORA, acteur central de la mobilisation
Le rôle du Collège des médias
Pour SPORSORA, la lutte contre le piratage doit se faire de manière coordonnée. Le Collège des médias réunit médias, ayants droit et institutions afin de partager expertises juridiques, retours opérationnels et analyses comparatives internationales. Géraldine Pons, vice-présidente Sports de Eurosport / Warner Bros. Discovery France, insiste sur l’importance de fédérer l’ensemble des acteurs pour faire évoluer le cadre législatif et protéger l’économie du sport.
Un événement au cœur du débat public
Le workshop organisé le 14 janvier 2026 au siège de la FIA à Paris illustre cette dynamique. Intitulé « Défendre le modèle économique du sport français : faire front face au piratage des programmes sportifs », l’événement constitue un espace de dialogue entre professionnels et institutions, visant à accélérer la mise en œuvre de solutions concrètes et efficaces face à un phénomène en pleine expansion.
Conclusion
Le piratage des programmes sportifs constitue une menace économique, sociale et sécuritaire pour la France. SPORSORA appelle à une mobilisation rapide des pouvoirs publics, en France comme au niveau européen, afin de moderniser le cadre législatif et protéger la valeur des droits sportifs. La réussite de cette initiative déterminera l’avenir du sport professionnel et des retransmissions en direct pour les prochaines années.
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