Une décision judiciaire sans retour possible

La Cour de cassation met fin aux recours

Mercredi, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par Jean-Marc Morandini, rendant définitive sa condamnation pour corruption de mineurs. Selon l’arrêt consulté par l’AFP, la plus haute juridiction française a estimé qu’aucun argument juridique ne justifiait l’examen de son recours. Cette décision met un terme à l’ensemble des voies de contestation ouvertes à l’animateur.

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Âgé de 60 ans, Jean-Marc Morandini avait été condamné en appel le 21 mars 2025 par la cour d’appel de Paris à deux ans de prison avec sursis ainsi qu’à une amende de 20 000 euros. La confirmation de cette peine inscrit désormais cette affaire dans le registre des condamnations définitives.

Des sanctions judiciaires lourdes et durables

Au-delà de la peine principale, la cour d’appel avait assorti sa décision de mesures complémentaires significatives. Jean-Marc Morandini s’est vu interdire de manière définitive toute activité professionnelle impliquant un contact avec des mineurs. Son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles a également été confirmée.

Ces éléments constituent un cadre judiciaire contraignant, aux répercussions concrètes sur l’exercice de certaines fonctions dans le secteur audiovisuel, même si la condamnation ne prévoit pas de peine d’emprisonnement ferme.


Des faits étalés sur plusieurs années

Des échanges à caractère sexuel avec des adolescents

Les faits ayant conduit à cette condamnation couvrent une période allant de 2009 à 2016. Il était reproché à Jean-Marc Morandini d’avoir adressé des messages à caractère sexuel à deux adolescents âgés de 15 ans, en 2013 puis entre 2015 et 2016. Dans l’un des cas, ces échanges évoquaient des scénarios sexuels ; dans l’autre, il était demandé à la victime de transmettre une photographie dénudée.

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À ces éléments s’ajoutent des faits plus anciens remontant à 2009. L’animateur avait alors sollicité un adolescent de 16 ans lors d’une audition, en lui demandant de se dénuder et de se masturber, dans le cadre d’un projet de remake cinématographique qui n’a jamais abouti.

Un parcours judiciaire marqué par un alourdissement des peines

En première instance, en décembre 2022, le tribunal correctionnel de Paris avait condamné Jean-Marc Morandini à un an de prison assorti d’un sursis probatoire de deux ans. L’animateur avait choisi de faire appel de cette décision. À l’issue de ce second procès, la cour d’appel avait non seulement confirmé sa culpabilité, mais également aggravé la sanction prononcée.

Cette évolution des peines reflète la gravité retenue par les juridictions successives, jusqu’à la validation définitive opérée par la Cour de cassation.


Une autre condamnation toujours en suspens

Le dossier du harcèlement sexuel

Parallèlement à l’affaire de corruption de mineurs, Jean-Marc Morandini a également été condamné en janvier 2025 à 18 mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel. Cette condamnation concernait des faits distincts, impliquant de jeunes comédiens âgés de 19 à 26 ans au moment des faits.

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Il lui était reproché d’avoir encouragé ces derniers à s’exhiber nus lors de castings pour une web-série intitulée Les Faucons, qu’il produisait entre juin et septembre 2015. Cette peine, supérieure à celle prononcée en première instance, a également fait l’objet d’un pourvoi en cassation, qui n’a pas encore été examiné.

Une image publique durablement affectée

Ces procédures judiciaires successives ont profondément marqué l’image publique de l’animateur, figure connue du paysage audiovisuel français. Le temps judiciaire long et la multiplication des condamnations ont contribué à installer durablement cette affaire dans l’espace médiatique, bien au-delà du cadre strictement pénal.


Quel avenir sur CNews après cette condamnation ?

Le soutien affiché de la direction

Malgré la décision définitive de la Cour de cassation, Jean-Marc Morandini continue, à ce stade, d’exercer sur CNews. La chaîne et le groupe Canal+ ont indiqué à l’AFP qu’il restait à l’antenne, l’intéressé envisageant par ailleurs de saisir la justice européenne.

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L’animateur bénéficie d’un soutien assumé de la direction, notamment de Vincent Bolloré, dont il est réputé proche. Ses audiences jugées satisfaisantes constituent également un élément pris en compte dans cette décision de maintien provisoire.

Un courrier de 2016 qui interroge

Toutefois, un document interne datant de 2016 refait aujourd’hui surface. À son arrivée sur iTELE, devenue depuis CNews, un courrier du groupe Canal+ précisait qu’en cas de condamnation, Jean-Marc Morandini quitterait le groupe sans indemnité. Cette clause était assortie d’un rappel au principe de présomption d’innocence, alors en vigueur.

Dès lors que la condamnation est désormais définitive, la question de l’application de cet engagement écrit se pose avec acuité. Le groupe semble néanmoins avoir fait le choix de maintenir l’animateur à l’antenne, dans l’attente d’une éventuelle décision européenne si un recours était effectivement engagé.



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