Warner Bros. Discovery dit non à Paramount et confirme son choix Netflix
Warner Bros. Discovery rejette l’offre améliorée de Paramount Skydance et confirme sa préférence pour l’accord de rachat avec Netflix, jugé plus sûr et plus avantageux.
ActuaNews.fr
L'info Autrement
Warner Bros. Discovery rejette l’offre améliorée de Paramount Skydance et confirme sa préférence pour l’accord de rachat avec Netflix, jugé plus sûr et plus avantageux.
Warner Bros. Discovery a une nouvelle fois repoussé l’offre de rachat formulée par Paramount Skydance. Malgré une proposition financière revue à la hausse, le conseil d’administration du groupe estime que le projet demeure moins avantageux et plus risqué que l’accord déjà conclu avec Netflix, qu’il continue de juger largement supérieur.

Mercredi, Warner Bros. Discovery a officiellement répondu à la dernière proposition de rachat formulée par Paramount Skydance, dirigée par David Ellison. Cette offre, la huitième depuis le début des discussions, s’élevait à 30 dollars par action, entièrement en numéraire. Dans un document transmis à la SEC, le groupe a estimé que cette proposition ne présentait pas une valeur suffisante pour ses actionnaires, compte tenu des risques financiers, juridiques et opérationnels qu’elle comporte.
Le conseil d’administration a également souligné le caractère non engageant de la proposition de Paramount. Selon Warner Bros. Discovery, Paramount Skydance se réserve la possibilité de modifier le prix, d’ajouter de nouvelles conditions ou même de se retirer à tout moment avant l’acceptation définitive des actions. Cette absence de garanties fermes a renforcé la méfiance du conseil, qui considère la proposition comme fondamentalement instable.
Dans sa lettre adressée aux actionnaires, le conseil de Warner Bros. Discovery met en contraste la situation financière des deux prétendants. Paramount Skydance, dont la capitalisation boursière s’élève à environ 14 milliards de dollars, devrait mobiliser près de 95 milliards de dollars en dette et en capitaux propres pour mener à bien l’opération. À l’inverse, Netflix affiche une capitalisation d’environ 400 milliards de dollars, une notation de crédit investment grade et un flux de trésorerie libre estimé à plus de 12 milliards de dollars pour 2026.
Le projet de Paramount repose sur un montage assimilé à un leveraged buyout, qui deviendrait le plus important de l’histoire du secteur avec un endettement total estimé à 87 milliards de dollars. Warner Bros. Discovery estime que ce type de structure expose l’entreprise à des risques majeurs, notamment en cas de retournement des marchés ou de dégradation des conditions de financement. À l’inverse, l’accord avec Netflix repose sur une structure plus classique, offrant une visibilité et une stabilité jugées supérieures.
Le conseil d’administration a détaillé les coûts qu’impliquerait l’abandon de l’accord Netflix au profit de Paramount. Warner Bros. Discovery devrait verser à Netflix une indemnité de rupture de 2,8 milliards de dollars, assumer environ 1,5 milliard de dollars de frais liés à l’échec d’un échange de dette et supporter près de 350 millions de dollars de charges d’intérêts supplémentaires. Ces éléments réduiraient considérablement l’intérêt financier de l’offre Paramount.
Au-delà des coûts, le groupe s’inquiète des restrictions opérationnelles imposées par l’offre de Paramount durant la période précédant la finalisation du rachat. Ces contraintes pourraient limiter la capacité de Warner Bros. Discovery à renégocier certains contrats, à refinancer ses emprunts ou à mener à bien la scission prévue entre Discovery Global et les actifs de Warner Bros. En cas d’échec de la transaction, les actionnaires se retrouveraient avec une entreprise affaiblie après jusqu’à dix-huit mois de blocage stratégique.
En rejetant une nouvelle fois l’offre de Paramount Skydance, Warner Bros. Discovery affiche une ligne claire et cohérente. Le groupe privilégie la sécurité financière, la visibilité stratégique et la création de valeur à long terme promises par l’accord avec Netflix. Une décision qui confirme la volonté du conseil d’administration de limiter les risques dans un contexte de consolidation accrue du secteur des médias.
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