Un nouveau départ pour un univers fragilisé

Un redémarrage assumé après les revers

Le patron de Sony Pictures, Tom Rothman, a confirmé que le studio préparait une relance complète de l’univers étendu Spider-Man en prises de vues réelles. Interrogé dans le podcast The Town par le journaliste Matt Belloni, il a écarté l’idée d’un abandon pur et simple de la franchise. L’univers ne disparaît pas, mais il sera repensé en profondeur.

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À la question d’un éventuel retour aux personnages déjà introduits, le dirigeant a répondu par l’affirmative, tout en précisant qu’il s’agirait d’un « fresh reboot ». Autrement dit, une refonte intégrale avec de « nouvelles personnes », marquant ainsi une rupture nette avec les précédentes tentatives. Pour Rothman, la rareté constitue une valeur stratégique : il estime qu’il faut parfois laisser le public « regretter » une franchise pour mieux la relancer.

Une franchise inégale au box-office

Si l’univers Spider-Man de Sony a connu un lancement prometteur avec Venom, qui avait engrangé 856 millions de dollars dans le monde en 2018, la suite s’est révélée plus chaotique. Hormis la trilogie Venom, globalement performante, les autres productions ont accumulé des résultats décevants.

Morbius n’a ainsi rapporté que 162 millions de dollars à l’échelle mondiale. Madame Web a plafonné à 100 millions de dollars, tandis que Kraven the Hunter a réalisé environ 60 millions de dollars de recettes mondiales, pour un budget estimé à plus de 100 millions. Ces chiffres traduisent une perte d’élan significative pour un univers censé capitaliser sur la popularité du super-héros.


Le cas No Way Home et la question chinoise

Un succès mondial amputé du marché chinois

Au cours de cet entretien, Tom Rothman est également revenu sur un épisode resté jusqu’ici non confirmé : l’interdiction en Chine de Spider-Man: No Way Home. Sorti en 2021, le film a totalisé 1,9 milliard de dollars de recettes mondiales, un score impressionnant qui en fait l’un des plus grands succès de la saga.

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Cependant, le long-métrage n’a pas été autorisé à sortir sur le territoire chinois. Selon Rothman, cette absence a empêché le film de franchir la barre symbolique des deux milliards de dollars. Il estime que les recettes potentielles en Chine auraient permis d’atteindre, voire de dépasser, ce seuil.

La Statue de la Liberté au cœur du refus

La raison invoquée par les autorités chinoises concernerait la scène finale du film, située à la Statue de la Liberté. Rothman explique que l’administration cinématographique chinoise aurait demandé la suppression de ce monument emblématique, qualifiant la modification de « petite chose ». Or, cette séquence constitue le point culminant du récit.

Le dirigeant affirme avoir refusé toute altération, évoquant notamment la difficulté, voire l’impossibilité technique, de retirer un élément aussi central du film. Il souligne également qu’il ne souhaitait pas avoir à justifier devant le Congrès américain une telle modification réalisée à la demande du Parti communiste chinois. Le précédent opus, Spider-Man: Far From Home, avait pourtant généré 200 millions de dollars en Chine, illustrant l’importance stratégique de ce marché.


Entre rivalités et références à Hollywood

Une relation stratégique avec Marvel

Interrogé sur ses rapports avec Kevin Feige, président de Marvel Studios, Tom Rothman a tenu des propos empreints de respect. Il a déclaré qu’il ne fallait « jamais parier contre Jim Cameron ni contre Kevin Feige », citant ainsi également le réalisateur James Cameron comme figure incontournable de l’industrie.

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Cette déclaration souligne la complexité des relations entre Sony et Marvel, partenaires mais aussi entités distinctes dans l’exploitation cinématographique de Spider-Man. Si Marvel Studios pilote le personnage dans le cadre du Marvel Cinematic Universe, Sony conserve les droits cinématographiques et développe ses propres projets en parallèle.

Une stratégie à reconstruire

La décision de redémarrer l’univers étendu Spider-Man traduit une volonté de rupture. Les critiques mitigées et les performances commerciales décevantes des derniers films ont fragilisé la crédibilité du projet. L’objectif affiché est désormais de repartir sur des bases nouvelles, avec un casting renouvelé et une orientation créative repensée.

Rothman mise sur un repositionnement stratégique, estimant qu’un retrait temporaire peut raviver l’intérêt du public. Cette approche suppose toutefois de convaincre des spectateurs échaudés par les échecs récents, tout en préservant l’attrait d’une marque mondialement reconnue.



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