Une vidéo virale qui dépasse le simple divertissement

Un réalisme troublant en quelques secondes

La séquence, d’une durée de quinze secondes, montre Tom Cruise et Brad Pitt échangeant des coups sur un toit, dans une mise en scène d’un réalisme saisissant. Publiée par le réalisateur irlandais Ruairi Robinson, nommé aux Oscars en 2002, la vidéo s’est propagée à une vitesse fulgurante sur les réseaux sociaux. Ce qui frappe autant que le rendu visuel, c’est la simplicité du procédé revendiqué par son auteur : deux lignes de texte auraient suffi à générer ces images.

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Seedance 2.0, le moteur de la controverse

Cette vidéo a été conçue grâce à Seedance 2.0, un générateur vidéo reposant sur l’intelligence artificielle. L’outil appartient à ByteDance, maison mère chinoise de TikTok. Selon la société, cette nouvelle version représenterait un bond qualitatif majeur par rapport à la précédente. Un progrès technologique qui, pour certains observateurs, franchit désormais une ligne rouge en matière de création et de droits.

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Hollywood face à une révolution redoutée

L’alerte d’un scénariste de premier plan

La vidéo n’a pas laissé indifférent Rhett Reese, connu pour son travail sur Deadpool & Wolverine et Zombieland. Sur le réseau X, le scénariste a exprimé une inquiétude sans détour : « C’est probablement fini pour nous. » Il estime qu’à très court terme, une seule personne, équipée d’un ordinateur, pourra produire un film indiscernable de ceux actuellement diffusés par les grands studios.

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Une crainte assumée, loin de l’enthousiasme

Rhett Reese a tenu à clarifier ses propos face à ceux qui y voyaient un optimisme mal placé. S’il reconnaît le potentiel créatif de ces outils, il affirme être profondément inquiet. Selon lui, cette avancée menace directement les métiers créatifs et met en péril des carrières entières, y compris la sienne. Le caractère « professionnel » de la vidéo Cruise-Pitt constitue précisément la source de son angoisse.


Droits d’auteur et bras de fer institutionnel

La Motion Picture Association monte au créneau

Face à la viralité de ces images, la Motion Picture Association (MPA) a vivement réagi. Son président-directeur général, Charles Rivkin, a accusé Seedance 2.0 d’avoir procédé, en une seule journée, à une utilisation non autorisée d’œuvres protégées par le droit d’auteur à une échelle massive. L’organisation appelle ByteDance à cesser immédiatement toute activité jugée contrefaisante.

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Un précédent avec OpenAI

Ce n’est pas la première fois que la MPA s’alarme de telles pratiques. À l’automne précédent, lors du lancement de Sora 2 par OpenAI, des critiques similaires avaient émergé. OpenAI avait alors mis en place des garde-fous limitant l’exploitation d’éléments protégés. Cette approche avait même conduit à un accord avec Disney, autorisant l’utilisation sous licence de 200 personnages, perçu comme un modèle potentiel pour l’avenir.


Une industrie à la croisée des chemins

Création démocratisée ou déstabilisation massive

Rhett Reese souligne un paradoxe central : Hollywood a longtemps été un système fermé, peu accessible aux jeunes talents sans moyens financiers. L’IA pourrait, selon lui, abaisser ces barrières et permettre à de nouveaux créateurs d’émerger. Il évoque l’hypothèse de futurs talents comparables à Christopher Nolan, capables de produire des œuvres majeures grâce à ces outils.

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Un futur encore incertain

Mais cette démocratisation potentielle s’accompagne d’un déséquilibre profond. Reese observe que de nombreux scénaristes et dirigeants utilisent déjà l’IA, parfois pour créer, parfois pour analyser des œuvres elles-mêmes générées par des algorithmes. Une boucle absurde, selon lui, qui interroge la place réelle de l’humain dans la chaîne créative de demain.



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