Une rupture esthétique assumée

Un clip à rebours des codes du luxe

Avec « Sauvignon Blanc », Rosalía opère une rupture visuelle nette avec les clips accompagnant d’autres morceaux de LUX, notamment « Berghain » et « La Perla ». Là où ces vidéos faisaient appel à une imagerie plus sophistiquée et spectaculaire, celle-ci se distingue par une esthétique volontairement dépouillée. Le titre même de l’album semble ici détourné de son sens premier, comme si l’artiste cherchait à se détacher du luxe matériel qu’il évoque.

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Un minimalisme au service du sens

Réalisée par Noah Dillon, la vidéo adopte un format carré, accentuant l’impression de confinement et d’intimité. Loin de toute surenchère visuelle, le clip s’appuie sur des éléments simples et des décors arides. Ce choix renforce la portée symbolique de l’œuvre, dans laquelle chaque image semble pensée pour accompagner une réflexion intérieure plutôt qu’un simple exercice esthétique.


Un voyage intérieur mis en images

La solitude comme fil conducteur

Dès les premières secondes, « Sauvignon Blanc » s’ouvre comme un court-métrage contemplatif. Sur les notes délicates d’un piano, Rosalía apparaît seule, allongée sur le sable d’un désert aride. Cette image inaugurale pose d’emblée le ton : celui d’un isolement choisi, presque méditatif. La chanteuse semble se confronter à elle-même, loin de l’agitation et du regard extérieur.

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Des fragments de mémoire et d’émotion

La narration visuelle se construit ensuite par une succession de plans serrés, presque fugaces, à la manière de souvenirs fragmentés. On y voit Rosalía rire à l’arrière d’une voiture, en compagnie d’un homme dont seules les mains sont visibles. Ces séquences suggèrent une relation passée, évoquée sans jamais être pleinement dévoilée, laissant au spectateur la liberté d’interprétation.


Un renoncement symbolique à l’ostentation

Une parole de détachement

Le clip est traversé par une thématique centrale : le renoncement aux signes extérieurs de richesse. Les paroles, notamment « Ya no quiero perlas ni caviar », traduisent ce désir de se libérer de l’ostentatoire. Rosalía ne détourne jamais la caméra vers les objets évoqués, préférant suggérer leur abandon plutôt que de les exhiber.

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Une dimension spirituelle affirmée

Ce rejet du luxe matériel est renforcé par des détails discrets mais significatifs. Un chapelet accroché au rétroviseur de la voiture devient ainsi l’un des rares objets véritablement mis en valeur à l’image. À l’opposé de la « Rolls Royce », promise à une fin spectaculaire lorsqu’elle brûle dans les dernières secondes du clip, ce symbole religieux évoque le recueillement et la quête spirituelle. L’ensemble s’inscrit dans une continuité artistique amorcée depuis MOTOMAMI, et désormais pleinement assumée avec LUX.



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