Incendie mortel à Crans-Montana : Les gérants français du bar mis en cause pour homicide
Incendie meurtrier à Crans-Montana : une instruction pénale est ouverte contre les gérants français du bar Le Constellation après la mort de 40 personnes.
ActuaNews.fr
L'info Autrement
Incendie meurtrier à Crans-Montana : une instruction pénale est ouverte contre les gérants français du bar Le Constellation après la mort de 40 personnes.
Dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1ᵉʳ janvier 2026, un incendie d’une violence exceptionnelle a ravagé le bar Le Constellation, à Crans-Montana, faisant 40 morts et 119 blessés. Trois jours après le drame, la justice suisse a ouvert une instruction pénale contre les deux gérants français de l’établissement, désormais soupçonnés d’homicide par négligence.





Le sinistre s’est déclaré dans la nuit du réveillon du Nouvel An, alors que le bar Le Constellation accueillait de nombreux clients dans le sous-sol de l’établissement. En quelques instants, les flammes se sont propagées, plongeant la station valaisanne de Crans-Montana dans l’effroi. Le bilan humain s’est rapidement révélé dramatique, avec 40 personnes décédées et 119 blessées, dont plusieurs grièvement.
La catastrophe a profondément marqué l’opinion publique, tant en Suisse qu’à l’étranger. Les autorités helvétiques ont confirmé la mort de huit ressortissants français, tandis qu’un Français demeure porté disparu. Vingt-trois autres citoyens français figurent parmi les blessés, certains ayant été transférés vers des hôpitaux en France pour y recevoir des soins spécialisés.
Le samedi 3 janvier 2026, la police cantonale du Valais et le bureau de la procureure générale ont annoncé l’ouverture d’une instruction pénale visant les deux gérants français du bar. Ceux-ci sont désormais prévenus d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence. La procureure générale, Béatrice Pilloud, a toutefois tenu à rappeler que cette procédure repose sur des soupçons et que la présomption d’innocence demeure pleinement applicable.
À ce stade de l’enquête, aucune mesure de détention provisoire n’a été requise. Les deux gérants restent libres et ne font l’objet ni d’une interdiction de quitter le territoire suisse ni de restrictions particulières. Ils ont néanmoins été entendus à nouveau par les enquêteurs dans le cadre de l’ouverture officielle de l’instruction.
Selon les premiers éléments communiqués par le ministère public, l’incendie pourrait avoir été déclenché par des bougies incandescentes ou des feux de Bengale fixés sur des bouteilles de champagne. Ces dispositifs auraient été placés à proximité immédiate du plafond du sous-sol, favorisant un embrasement rapide.
Outre l’usage de ces éléments pyrotechniques, les enquêteurs s’intéressent à la configuration des accès au sous-sol ainsi qu’à la mousse acoustique recouvrant le plafond. Des images diffusées sur les réseaux sociaux laissent apparaître une propagation fulgurante des flammes, alimentée possiblement par ce matériau. L’enquête devra déterminer si cette mousse respectait les normes de sécurité en vigueur.
Le bar Le Constellation appartient à Jacques et Jessica Moretti, un couple de ressortissants français installé depuis une dizaine d’années à Crans-Montana. Ils sont également propriétaires de plusieurs bars et restaurants dans la station et ses environs. Les gérants avaient été entendus dès les premiers jours de l’enquête en tant que personnes appelées à fournir des renseignements.
Interrogé par la presse suisse, Jacques Moretti a affirmé que son établissement avait fait l’objet de contrôles réguliers et que l’ensemble des normes avait été respecté. Face aux journalistes présents devant son domicile en France, il a exprimé sa lassitude et rappelé être lui-même touché par le drame. Les autorités suisses précisent que le passé judiciaire évoqué par certains médias français n’entre pas, à ce stade, dans le périmètre de l’instruction en cours.
La France a pris en charge 17 blessés dans plusieurs établissements hospitaliers, dont le CHU de Nantes. Les autorités françaises et suisses coopèrent étroitement pour l’identification des victimes et l’accompagnement des familles endeuillées.
Le président de la Confédération suisse a annoncé l’organisation d’une journée de deuil national le 9 janvier. Une cérémonie officielle se tiendra à Crans-Montana, tandis que l’ensemble des cloches des églises suisses sonneront à 14 heures en hommage aux victimes.
L’enquête judiciaire devra désormais établir avec précision les responsabilités dans ce drame qui a endeuillé la Suisse et marqué durablement la station de Crans-Montana. Les investigations techniques et judiciaires s’annoncent longues et complexes. En attendant leurs conclusions, le temps est au recueillement et au soutien des victimes et de leurs proches.
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.