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L’intérêt d’un jeu vidéo se mesure de plus en plus à sa rejouabilité : la capacité qu’il donne aux joueurs d’y revenir longtemps après la première partie. Cette question est cruciale dans un marché très saturé. Malgré des milliers de nouvelles sorties (plus de 18 000 jeux lancés sur Steam en 2024), une large part du temps de jeu reste concentrée sur d’anciens titres. Les joueurs reviennent donc massivement vers des classiques plutôt que d’explorer chaque nouveauté.

Les leviers de la rejouabilité

En 2024, le marché mondial des jeux vidéo pèse environ 187,7 milliards de dollars et compte 3,42 milliards de joueurs.

Plusieurs facteurs expliquent la capacité d’un jeu à être rejoué de façon répétée. Tout d’abord, les joueurs apprécient les contenus variés et dynamiques. Un monde de jeu qui évolue (événements en ligne, mises à jour régulières, mode multijoueur…) encourage les joueurs à revenir. Ensuite, vient la personnalisation et les histoires multiples. La possibilité de customiser son avatar ou de faire des choix influant sur l’histoire accroît l’attachement des joueurs. En laissant le joueur décider du scénario, le jeu devient naturellement rejouable pour voir tous les dénouements.

Selon une étude, 76 % des joueurs déclarent aimer les jeux offrant plusieurs scénarios et fins différentes. Cela incite à refaire le jeu pour explorer ces alternatives. Enfin, la rejouabilité est influencée par les modes multijoueurs et les défis communautaires. Les jeux compétitifs ou coopératifs (en ligne) prolongent la durée de vie au-delà du contenu solo. Les joueurs reviennent pour battre leurs propres records ou pour affronter d’autres personnes, créant une boucle de rejouabilité quasi infinie tant qu’une communauté active est présente. Par exemple, League of Legends ou Counter-Strike voient des millions de parties lancées chaque mois.

Rejouabilité et jeux mobiles en 2025

Le phénomène de rejouabilité est particulièrement marqué sur mobile parce que ce marché domine largement l’industrie et se caractérise par la multiplication des titres légers. Il s’agit de près de 49 % des revenus globaux du jeu en 2024, soit environ 92,6 milliards de dollars. Les sessions courtes et gratification instantanée incitent également les joueurs à retenter leur chance. Les jeux mobiles en particulier exploitent des sessions de quelques minutes avec des objectifs immédiats (collection d’objets, scores, niveaux quotidiens). Chaque mini-partie est conçue pour être achevée rapidement, ce qui encourage à en lancer une autre (une partie de plus). Par exemple, les jeux de crash comme la version Aviator Premier Bet utilisent une mécanique très simple et aléatoire : montées et crash d’un avion virtuel.

Sa courte durée de partie et son imprévisibilité intrinsèque poussent le joueur à tenter sa chance à nouveau immédiatement. La durée moyenne d’une session de jeu mobile s’est maintenue autour de 30 minutes en 2023, avec les jeux d’action culminant à plus de 45 minutes par session en Asie-Pacifique. Cela montre que les joueurs investissent du temps à chaque lancement d’application. Cependant, conserver leur intérêt au fil des semaines nécessite des mécanismes de rejouabilité solides (niveaux aléatoires, quêtes quotidiennes, nouveaux modes). À ce titre, les jeux intégrant des défis réguliers (tournois, événements temporaires, passes de saison) enregistrent de meilleurs indicateurs de fidélisation.

Statistiques et tendances marquantes

Plusieurs chiffres récents confirment la place centrale de la rejouabilité dans les tendances du jeu. Le marché global continue de croître lentement. Une étude Newzoo relayée par Kotaku révèle que seuls 8 % du temps de jeu PC en 2024 étaient consacrés à des titres sortis cette même année. Tandis que 67 % des heures de jeu étaient passées sur des jeux sortis il y a 6 ans ou plus. Sur console, le phénomène est similaire : environ 44 % (PlayStation) et 49 % (Xbox) du temps de jeu était consacré à des titres anciens, contre 15 % seulement pour les nouveautés 2024.

La fidélisation reste un défi. Selon des données récentes, un jeu mobile typique doit récupérer environ 30 % de ses joueurs le lendemain de l’installation pour être compétitif. Toutefois, la courbe de rétention chute rapidement : seuls 2 % à 5 % des joueurs sont encore actifs après 30 jours. Cette fourchette (entre 2,5 et 5 %) est le standard en 2024 selon Business of Apps. En pratique, les jeux les mieux conçus peuvent atteindre environ 5 % de rétention à 30 jours, mais beaucoup se limitent à 2 – 3 %. À titre d’exemple, AppsFlyer rapportait qu’en 2022 les jeux de puzzle avaient 31,85 % de rétention au jour 1 et 5,35 % au jour 30.


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