UN THRILLER GRAPHIC NOIR À L’AMÉRICAINE

Une intrigue sombre ancrée dans l’histoire contemporaine
LF Bollée et Boris Beuzelin livrent avec Black Gospel un récit noir et tendu, qui puise son inspiration dans les grands classiques du polar américain. Le roman graphique se déroule sur fond de commémoration du discours « I have a dream » prononcé par Martin Luther King en 1963. Vingt ans plus tard, à l’été 1983, deux jeunes femmes sont retrouvées assassinées à New York, ravivant les peurs d’un tueur en série.

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Une enquête rythmée entre trois continents
L’histoire se déploie entre New York, Washington et Accra, capitale du Ghana, dans un enchaînement de scènes à la tension constante. L’inspecteur Jack Kovalski, chargé de l’enquête, se retrouve plongé malgré lui dans un cauchemar personnel et professionnel. Flanqué d’un jeune coéquipier dont il aurait préféré se passer, il est confronté à un tueur méticuleux, toujours un pas devant lui.


UNE AMBIANCE VISUELLE ÉTOUFFANTE

Une esthétique dure et immersive
Le style graphique de Boris Beuzelin se caractérise par un trait brut et puissant, qui restitue parfaitement l’atmosphère moite et oppressante d’un mois d’août à New York. La mise en scène des scènes de crime, des rues sombres et des visages marqués par la fatigue ou la peur plonge immédiatement le lecteur dans un univers sans concession.

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Un réalisme glaçant au service du récit
La précision du dessin et le choix des angles renforcent l’impact émotionnel de chaque planche. Loin des clichés du polar, Black Gospel évite le sensationnalisme pour proposer une reconstitution authentique d’un climat social et politique complexe. La violence y est suggérée avec justesse, sans complaisance, mais avec une intensité dramatique saisissante.


UN RÉCIT QUI QUESTIONNE L’HÉRITAGE DE MARTIN LUTHER KING

Une tension entre idéal et réalité
Le titre même du roman, Black Gospel, évoque un double registre : celui de la foi et de l’espoir, mais aussi celui de la désillusion. Alors que l’Amérique s’apprête à célébrer le 20e anniversaire du célèbre discours de Martin Luther King, le rêve d’égalité semble trahi par la brutalité d’une société encore marquée par le racisme et les inégalités. Le contraste entre l’idéal pacifiste et les meurtres brutaux donne toute sa profondeur au récit.

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Une tragédie humaine contemporaine
L’album ne se limite pas à une simple enquête criminelle. Il interroge aussi, en filigrane, les failles de la justice, les tensions raciales persistantes et les blessures non cicatrisées de l’histoire américaine. Dans sa critique, BD Gest’ parle d’une œuvre « profondément humaine », soulignant la richesse psychologique des personnages et la portée sociale du propos.



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