Le cinéma français est en deuil. Michel Blanc, acteur et réalisateur emblématique, est décédé à l’âge de 72 ans suite à un malaise cardiaque. Connu pour ses rôles dans des comédies cultes et des drames profonds, il laisse derrière lui une carrière riche et éclectique, marquée par des personnages devenus légendaires.
Un visage emblématique du Splendid et du cinéma comique français
Des débuts prometteurs au sein de la troupe du Splendid
Michel Blanc est avant tout l’un des piliers du groupe du Splendid, cette troupe mythique du café-théâtre qui a marqué les années 1970 et 1980. C’est au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine que Michel Blanc rencontre ses futurs complices : Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Josiane Balasko et Christian Clavier. Ensemble, ils créent des pièces de théâtre qui deviendront rapidement des succès cinématographiques. Parmi elles, Les Bronzés et Les Bronzés font du ski, dans lesquels Michel Blanc incarne le célèbre Jean-Claude Dusse, personnage maladroit et attachant.
Ce rôle de loser sympathique, dragueur invétéré mais désespérément malchanceux, a marqué toute une génération. « Jean-Claude Dusse, c’est le type très maladroit, un peu désespéré, qui se dit : ‘Je ne peux pas plaire à une fille, mais on va quand même essayer' », racontait Michel Blanc en 2018. Inspiré par l’humour de Woody Allen, il crée un personnage qui transcende les simples comédies et devient une figure incontournable du cinéma français.
Un acteur qui se réinvente au fil des années
Fatigué de voir son image collée à des rôles de perdants sympathiques, Michel Blanc décide rapidement de s’éloigner des comédies populaires. Après Marche à l’ombre en 1984, qu’il réalise lui-même et qui attire plus de 6 millions de spectateurs, l’acteur prend une nouvelle direction. Il s’essaie à des films aux tonalités plus dramatiques, souhaitant prouver qu’il peut exceller dans d’autres registres.
Dans Tenue de soirée de Bertrand Blier, sorti en 1986, Michel Blanc joue un homme en quête de son identité sexuelle, un rôle qui lui vaut le prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes. Ce tournant lui permet d’élargir sa palette et de conquérir un nouveau public. En 1989, il s’illustre à nouveau dans Monsieur Hire de Patrice Leconte, où il incarne un personnage taciturne et complexe, loin des rôles comiques auxquels il était habitué.
Un parcours éclectique et une carrière internationale
Une carrière sans frontières
Michel Blanc n’a jamais voulu s’enfermer dans un type de rôle ou un genre cinématographique. Les années 1990 sont pour lui synonymes de liberté artistique. Il accepte des rôles dans des projets aussi variés que Retenez-moi… ou je fais un malheur aux côtés de Jerry Lewis, ou encore Prospero’s Books de Peter Greenaway en 1991. Sa capacité à passer d’un registre à l’autre fait de lui un acteur respecté, aussi bien en France qu’à l’étranger. Il tourne même avec Robert Altman dans Prêt-à-porter et avec Roberto Benigni dans Le Monstre en 1994.
Mais c’est avec Grosse Fatigue, en 1994, que Michel Blanc marque définitivement les esprits. Dans ce film, il joue son propre rôle, confronté à un sosie diabolique qui perturbe sa vie. Récompensé pour le meilleur scénario au Festival de Cannes, Grosse Fatigue est une critique hilarante du milieu du cinéma, tout en abordant des thèmes plus sombres comme la crise d’identité et la célébrité.
Le retour à la comédie et les années de succès populaire
Après quelques années d’absence, Michel Blanc revient à la réalisation en 2002 avec Embrassez qui vous voudrez, une comédie légère mais profonde qui séduit plus d’un million de spectateurs. Ce film annonce son retour en force, et il enchaîne ensuite les succès dans les années 2000. Les Bronzés 3, sorti en 2006, explose les records avec 10 millions d’entrées, confirmant l’amour indéfectible du public pour la bande du Splendid.
À partir de cette période, Michel Blanc devient un habitué des comédies populaires. Il participe à des films comme Les Nouvelles Aventures d’Aladin avec Kev Adams ou Raid Dingue de Dany Boon. Malgré sa popularité dans des comédies grand public, il continue d’impressionner dans des rôles plus sérieux. En 2011, son rôle dans L’Exercice de l’État, un thriller politique intense, lui vaut le César du meilleur acteur dans un second rôle, preuve de sa capacité à naviguer entre les genres.
Un acteur qui s’est ouvert à de nouveaux horizons
Un talent polyvalent récompensé par ses pairs
Michel Blanc a toujours su se réinventer, que ce soit devant ou derrière la caméra. Son film Grosse Fatigue a marqué un tournant dans sa carrière, lui permettant de sortir de l’image du comique maladroit. Ses rôles dans des drames comme L’Exercice de l’État ou Les Témoins ont confirmé sa polyvalence et sa capacité à toucher des sujets graves avec justesse et émotion.
Il a également montré une ouverture à des styles de comédies différents. En 2016, il coécrit Un petit boulot avec Pascal Chaumeil, une comédie noire inspirée du cinéma anglo-saxon. Ce goût pour l’expérimentation montre à quel point Michel Blanc refusait de se cantonner à un genre précis, explorant sans cesse de nouvelles facettes du cinéma.
Une dernière apparition saluée par le public
Dans les dernières années de sa vie, Michel Blanc est revenu à des rôles qui lui permettent de renouer avec son public fidèle. En 2019, il incarne un médecin grincheux dans Docteur?, une comédie tendre qui séduit près de 800 000 spectateurs. Sa performance a une fois de plus démontré son talent à incarner des personnages attachants et complexes, même dans des situations comiques.
Son dernier rôle marquant reste celui dans Les Petites Victoires en 2023, où il campe un vieil homme revêche qui apprend à s’ouvrir aux autres. Ce personnage, à l’image de sa carrière, illustre bien l’évolution de Michel Blanc : un homme capable de faire rire tout en apportant une profondeur émotionnelle unique à ses rôles.
Michel Blanc a marqué le cinéma français par sa polyvalence et son talent. De Jean-Claude Dusse aux rôles les plus dramatiques, il a su se réinventer et toucher plusieurs générations. Sa disparition laisse un vide immense, mais son héritage cinématographique continuera à inspirer le public et les générations futures.
En savoir plus sur ActuaNews.fr
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.







